Fragments d'une œuvre
Brian de Palma, avant Phantom of the Paradise
Parcours d'un jeune cinéaste, de la contre-culture new-yorkaise à Hollywood.
Les années soixante profondément transformé la société américaine : la drogue, le sexe, le rock and roll, mais aussi la libération de la femme, les droits civiques, les chocs politiques que sont la guerre du Vietnam et l'assassinat de Kennedy. C'est dans ce mouvement que Brian De Palma fait son apprentissage à New York, à l'université de Columbia, puis ses premiers films. Si l'étudiant De Palma est nourri de grands classiques américains, le jeune cinéaste qu'il est attelle au renouvellement de ce cinéma, influencé par les Européens.
Filmé dans la rue, entre fiction et documentaire, entre influence de la nouvelle vague française et du cinéma direct de Robert Drew ou des frères Maysles, Greetings, avec notamment Robert de Niro, fait figure de manifeste, tant dans sa forme que dans les thèmes abordés. Sont ici rassemblés trois des sujets qui sont aux fondements de l'œuvre de De Palma : le voyeurisme, l'assassinat de Kennedy, la guerre du Vietnam. Dès cette première décennie de cinéma, deux autres thèmes essentiels sont par ailleurs déjà à l'œuvre dans Dionysos 69, Murder a la mod ou Hi Mom ! : la manipulation d'une part et la question du point de vue et de ses variations d'autre part, maintes fois mise en jeu le cinéaste.
À la fin des années 60, De Palma sait qu'il lui faut sortir de l'underground, et parvenir à travailler avec les grands studios pour poursuivre sa carrière. L'enjeu est alors d'entrer dans le système tout en gardant sa vision personnelle à la fois utopiste, anarchiste et grinçante du monde. Get To Know Your Rabbit est une première expérience douloureuse pour lui : « ils ont été plus malins que moi » dira-t-il. Il parviendra en revanche à ses fins avec Phantom of the Paradise. |