Hommage
Louis Skorecki, cinéaste
À l’occasion de son dernier film, Skorecki déménage, retour sur le parcours de cinéaste du critique Louis Skorecki.
On connaît bien le critique Skorecki, qui collabora dès 1964 et pendant vingt ans aux Cahiers du cinéma, et y écrivit le texte théorique « Contre la nouvelle cinéphilie ».
On connaît certainement encore mieux celui qui, depuis 1996 et jusqu’à l’année dernière, revisitait l’histoire du cinéma au gré des films programmés à la télévision dans le quotidien Libération. Une colonne quasi journalière, parfois mordante, parfois enfantine, toujours intime.
On connaît moins Skorecki le cinéaste, dont le premier film date pourtant de 1966 et dont les trois derniers ont été faits coup sur coup en 2006, 2008 et 2009, son départ de Libération permettant sans doute une plus grande disponibilité à cette occupation.
Entre le critique et le cinéaste, pas de différence : le même mordant, les mêmes fondements dans l’enfance et toujours quelque chose de délicatement intime. Une intimité dans la fragilité des corps, dans la durée des plans, dans la vacance de l’action, dans la brutalité des mots...
Et aussi une même façon d’interroger encore et toujours, à travers la question de la cinéphilie, son - mais aussi notre - rapport au monde : au monde d’hier; au monde d’aujourd’hui et à ses valeurs. |