|
 |
 |
 |
|
 |
du 27 novembre
au 5 décembre 2010 |
|
|
|
|
L’intégrale
Adolfo Arrietta, la vie réelle des anges
Principalement réalisée en France dans les années 70, une œuvre étrange, fantasque, baroque à (re)découvrir d’urgence.
En 1974, Les Intrigues de Sylvia Couski, premier long-métrage d’Adolfo Arrietta obtient le grand prix du cinéma différent au festival de Toulon. Si à l’époque Arrietta fut considéré comme le premier cinéaste underground, on aurait certainement aujourd’hui préféré le titre de « cinéaste transgenre ».
Le Saint-Germain-des-Prés d’Arrietta est en effet peuplé de sublimes travestis, figures totémiques de l’hyper féminité, belles de tous sexes masquées et fardées. Ces mêmes travestis devenus dans Tam-Tam maîtresses de maison milliardaires attendant en vain, et avec une formidable frivolité, l’auteur d’un livre sur le cataclysme resté à New York. Flammes est sans doute le film le plus connu, et le plus classique du cinéaste. C’est cette fois un conte de fée où une jeune femme appelle les pompiers pour que celui qu’elle a choisi vienne apaiser le feu qui est en elle...
Le pompier c’est Xavier Grandes, égérie masculine d’Arrietta. Depuis L’Imitation de l’ange en 1964, il occupe la place de l’ange dans tous les films du cinéaste. Un ange parfois maléfique, qui est là et pas tout à fait là, qui apparaît et disparaît, que l’on attend en vain et dont on ne sait jamais très bien comment ni pourquoi il est là.
Des contes de fées, des anges, le cinéma d’Arrietta est une œuvre maniériste et artisanale peuplée de chiméres sur laquelle Cocteau veille comme une figure tutélaire. Empreints d’une grande ingénuité, les fantasmes y sont assumés avec naïveté et constance. Ses films, toujours sous le signe du jeu, à la fois désinvoltes et cérébraux, semblent être faits pour nous être racontés à l’oreille, et le spectateur, tout incrédule qu’il puisse être au départ, se laisse glisser dans ce monde à la fois excentrique et quotidien, où les personnages jouent à être eux-mêmes et le sont en effet... In fine, le simulacre est réalité : Xavier Grandes est peut-être vraiment un ange aux ailes de papier. |
| Programmation :
| - Le Crime de la toupie (1966, Espagne, 19’) - L’Imitation de l’ange (La Imitaciòn del ángel) (1968, Espagne, 20’) - Le Jouet criminel (1969, France, 37’) - Pointilly (1972, France, 28’) - Le Château de Pointilly (1972, France, 59') - Les Intrigues de Sylvia Couski (1974, France, 85’) - Tam Tam (1976, France, 85’) - Flammes (1978, France, 85’) - Grenouilles (1983, France, 40’) - Kiki (1989, Espagne, 23’) - Merlin (1990, Espagne, 59’) - Eco y Narciso (2004, Espagne, 19') - Vacanza Permanente (2006, Italie-Espagne, 40’) - Dry Martini (Buñuelino Cocktail) (2009, , 9')
| |
|
|
 |