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du 26 novembre
au 4 décembre 2011 |
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Je me souviens...
du nouveau cinéma suisse (1964-1984)
De Tanner à Dindo, de Soutter à Schmid, de Seiler à Goretta, de Murer à Reusser, une même pratique insolente et subversive du cinéma.
En France, Charles mort ou vif et La Salamandre restent emblématiques de ce « nouveau » cinéma suisse. Mais à côté d’Alain Tanner, d’autres, à la même époque et dans cette même Suisse romande, font usage d’une même impertinence cinématographique, avec les mêmes acteurs et souvent les mêmes techniciens. On peut résumer ainsi la thématique récurrente, à la suite de Freddy Buache : « montrer ce qui se cache derrière le bonheur béat, faire le détour par l’arrière-cour ». Moins frontalement militants que subtilement ironiques et subversifs, les films de Goretta, Soutter, Reusser, Tanner; Yersin et les autres sont ainsi tous des films contre, contre la vie douillette et confortable, contre la neutralité, contre le capitalisme tranquille, tandis que leurs personnages ont tous une farouche propension à choisir la tangente de l’histoire. Ce cinéma suisse romand, essentiellement de fiction, est aussi un cinéma d’acteurs dont sans doute Jean Luc Bideau et Jacques Denis sont les plus emblématiques, mais il a aussi donné de très beaux rôles à des grands acteurs français comme Jean-Louis Trintignant et Philippe Léotard et surtout à de formidables comédiennes françaises : Bulle Ogier, Isabelle Huppert, Miou-Miou, Marie Dubois, Myriam Mézières.
Cette campagne de décrassage des regards et des méntalités dans laquelle se lançait le cinéma suisse dès le milieu des années soixante n’était pas le seul fait des cinéastes romands. Il est même autorisé de penser qu’Alexander J. Seiler avec son documentaire Siamo Italiani en donna le coup d’envoi. C’est à travers un cinéma d’abord documentaire que les cinéastes alémaniques vont eux aussi donner à voir une Suisse dépouillée de tout folklore, consensus ou fioriture pittoresque, même lorsqu’ils s’attachent à la montagne helvète, comme Fredi Mürer. Utopiste et éminemment politique, ce cinéma ira parfois jusqu’à déclencher de véritables cataclysmes politiques comme ce fut le cas pour L’Exécution du traître à la patrie Ernst S. de Richard Dindo.
Dans cet univers, le cinéma de Daniel Schmid paraît sans attaches, hormis peut-être la présence du chef opérateur Renato Berta, également aux côtés de Tanner, de Reusser et de Goretta. Pourtant, son cinéma purement plastique, où règne le tragique et la magie, possède cette justesse cruelle, cet affranchissement des normes et cet usage de la liberté communs à tous ces cinéastes.
... et après
Bien sûr le cinéma suisse ne s’est pas arrêté en 1984... les cinéastes ont poursuivi leur oeuvre et de nouveaux réalisateurs ont émergé à leur tour. Quelques films de jeunes cinéastes contemporains , à la fois porteurs de leur singularité et héritiers de cette même veine cinématographique, viendront compléter ainsi cette programmation. |
| Programmation :
| - Nice Time (1957, Royaume-Uni, 17') - Siamo italiani (1964, Suisse, 79') - Musikwettbewerb (1967, Suisse, 72') - L'inconnu de Shandigor (1967, Suisse, 91') - Angèle (1968, Suisse, 40’) - Charles mort ou vif (1969, Suisse, 94') - James ou pas (1970, Suisse, 80') - Le Fou (1970, Suisse, 87') - Le Jour des noces (1970, Suisse, 71') - Les Arpenteurs (1971, Suisse, 85') - La Salamandre (1971, Suisse, 119') - Cette nuit ou jamais (Heute Nacht oder nie) (1972, Suisse, 90') - Les Vilaines Manières (1972, Suisse, France, 100’) - Passages (Passagen) (1972, Suisse, RFA, 50') - L'Invitation (1973, Suisse, France, 100') - Des Suisses dans la guerre d'Espagne (1973, Suisse, 80') - La Paloma (1974, Suisse, France, 110') - L'Escapade (1974, Suisse, 95') - Le Milieu du monde (1974, Suisse, France, 115') - Ce n'est pas notre faute si nous sommes des montagnards (Wir Bergler in den Bergen sind eigentlich nicht schuld, dass wir da sind) (1975, Suisse, 108') - Le Grand Soir (1976, Suisse, 95') - Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000 (1976, Suisse, France, ) - Repérages (1977, Suisse, France, 90') - Violanta (1977, Suisse, 95') - La Dentellière (1977, Suisse, France, RFA, 107') - L'Exécution du traître à la patrie Ernst S. (1977, Suisse, 99') - Les Indiens sont encore loin (1977, Suisse, France, 95') - Les Petites Fugues (1977, Suisse, France, 140') - Der Handkuß - Ein Märchen aus der Schweiz (1979, Suisse, 58') - Max Frisch, Journal I-III (1981, Suisse, 120') - L'Âme soeur (1985, Suisse, 120') - Wendel (1987, Suisse, 58') - Le Petit Prince a dit (1991, Suisse, France, 115') - Connu de nos services (1997, Suisse, 64') - Les Printemps de notre vie (fragments) (2003, Suisse, 93') - Pas douce (2007, Suisse, 84') - Un autre homme (2008, Suisse, 89')
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| Retrouvez un Ciné Portrait de chaque réalisateur suisse présenté à Belfort ici.
Table ronde animée par Patrick Ferla aura lieu autour du thème « Le nouveau cinéma suisse a-t-il vraiment existé ? », en présence des cinéastes qui l’ont fait et leurs collaborateurs. Avec Michel Boujut et Olivier Moeschler.
> télécharger l’enregistrement de flux 4
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