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au 4 décembre 2011

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« L'Homme à la camera » ||de Dziga Vertov
cliquez pour agrandir l'image « L'Homme à la camera »
de Dziga Vertov

Les Chantiers de la mémoire

Autour de l’Homme à la caméra de Dziga Vertov

Le film emblématique de la virtuosité vertovienne

Le cinéma soviétique des années 20 pose le montage au centre du processus cinématographique. Le cinéma, question de rythme et affirmation de la vie, est une reconstruction du monde et permet de voir au-delà du réel. Poète futuriste, Dziga Vertov va systématiser l’art du montage. L’Homme à la caméra, en 1928, point extrême de ses recherches, est construit en grande partie avec les images tournées tout au long de la décennie pour les Kino Pravda, ses actualités soviétiques créées dès 1922. Le ciné-poème n’a jamais été bien loin du ciné-politique dont Serguei Eisenstein est l’autre grand représentant.

Le cinéma de Dziga Vertov est à l’opposé de ce qu’il appelle le « ciné drame », le cinéma de scénario et d’acteurs où le montage est au service de la linéarité et de la clarté du récit, à l’exemple du cinéma américain. Justement, Buster Keaton tourne Le Cameraman la même année, en 1928.

1928, c’est aussi l’année de La Maison de la rue Troubnaïa de Boris Barnet. Film-référence d’un cinéma soviétique narratif de la même époque, il est un veritable contrepoint à l’Homme à la caméra, même s’il s’ouvre sur une superbe décomposition du temps à la manière de Vertov.

Le cinéma documentaire d’avant-garde de ces années 20 est riche en œuvres construites comme des portraits de ville, à l’instar de L’Homme à la caméra, qui est aussi un portrait de la ville de Moscou. Nous avons choisi quelques-uns de ces films autour de Berlin, Paris, New- York ainsi que le magnifique À propos de Nice de Jean Vigo, qui a aussi la particularité d’avoir comme chef opérateur Boris Kaufman, frère de Vertov.

Enfin, la théorie de Dziga Vertov, avec sa notion de ciné-œil qui mêle de fait l’aspect documentaire (du cinéma-vérité) et la manipulation d’un montage virtuose, a trouvé des développements chez de grands noms du cinéma français comme Epstein, Marker, Rouch, Godard. Ils en ont toujours retenu, chacun à leur manière, la dimension politique. Tout comme une partie du cinéma d’avant-garde contemporain, dont quelques exemples significatifs complètent cette programmation.

 


Programmation :


Kino Pravda n°20 (1924, U.R.S.S., 14')
Entr'acte  (1924, France, 22')
La Grève (Stachka) (1925, Russie, 82')
The Twenty-Four-Dollar Island  (1926, États-Unis, 13')
Rien que les heures  (1926, France, 45')
Berlin, symphonie d'une ville  (1927, Allemagne, 65')
Le Cameraman  (1928, États-Unis, 70')
La Maison de la rue Troubnaïa (Dom na Trubnoj) (1928, U.R.S.S., 64')
Les Hommes le dimanche  (1929, Allemagne, 74')
L'Homme à la camera  (1929, U.R.S.S., 68’)
À propos de Nice  (1930, France, 25')
Arnulf Rainer  (1960, Autriche, 7')
Chronique d'un été  (1961, France, 85')
La Jetée (1962, France, 28mn)
Une œuvre  (1968, France, 13')
79 printemps (79 primaveras) (1969, Cuba, 25')
Les Saisons (Vremena goda)  (1975, U.R.S.S., 29')
Bouquets 1-10  (1995, France, 12')
Dream Work  (2001, Autriche, 10')