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BIOGRAPHIE DE JERZY SKOLIMOWSKI
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Jerzy Skolimowski est né en Pologne, en 1938.
Dès sa sortie de lUniversité de Varsovie, il
publie des poésies, des nouvelles, pratique la boxe en amateur
écrit avec le cinéaste Andrzej Wajda le scénario
des Innocents Charmeurs (1959-1960).
Après quatre années passées à lÉcole
de cinéma de Lodz, il sort diplômé en 1964.
Dans ce cadre, son activité a été foisonnante :
il sinitie à la mise en scène (plusieurs courts
métrages, un moyen métrage : la Boxe)
et co-écrit les dialogues du Couteau dans leau
(1961-62), le premier long métrage de son ami Roman Polanski.
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Avec ses deux premiers longs métrages en forme de diptyque
(Signes particuliers : néant et Walkover)
quil écrit, joue, monte lui-même, et le Départ
tourné en Belgique avec Jean-Pierre Léaud dans le
rôle principal, il acquiert, particulièrement en France,
un début de reconnaissance hors de ses frontières.
Il identifie aussi demblée son sujet : la réalité
dune certaine jeunesse, génération désorientée
de laprès-guerre, immature et pourtant dune énergie
si explosive que ses personnages et les films à
lunisson semblent tous propulsés et minés
en même temps par une sorte de vitalité désespérée,
emportés par une vitesse incontrôlée. Souvent,
cette jeunesse joue les prolongations, refusant le plus longtemps
possible, parfois définitivement, le passage à lâge
adulte : ainsi, dans Deep End, tourné à
Londres.
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Cest lautre caractéristique très visible
de son trajet : après la censure dÉtat
de Haut les mains !, film pour lequel il était
rentré en Pologne, Skolimowski choisit lexil, un départ
ouvrant un périple qui, dItalie en Allemagne, lamène
à se fixer en Grande-Bretagne à la fin des années
70. Là, il réalise trois films, dont le sublime Travail
au noir avec Jeremy Irons, film synthétique : à
la fois autoportrait de lhomme et du cinéaste, évocation
à distance de la Pologne à un moment crucial de son
histoire et aussi vision au scalpel de la froide Angleterre thatchérienne.
En 1985, Skolimowski tourne aux États-Unis le Bateau-phare,
avec Robert Duvall et Klaus-Maria Brandauer. Il persiste là
à creuser une de ses obsessions qui, du train de Haut
les mains ! à lappartement de Travail au
noir en passant par la piscine couverte de Deep End,
structure son uvre : le huis clos. Comme un ring de boxe,
le huis clos est un espace conflictuel ; comme une chambre
noire, il vaut aussi comme puissance de révélation
des pulsions refoulées et libération des fantasmes.
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Ne reculant jamais devant un défi cinématographique,
il sessaye en 1991 à ladaptation du roman
réputé « inadaptable » de lécrivain
polonais Witold Gombrowicz, Ferdydurke. Depuis, Skolimowski
semble avoir suspendu sa filmographie pour se consacrer
à une autre forme dexpression : la peinture.
Il vit aujourdhui aux États-Unis.
Luvre de Skolimowski sait être drôle
jusquau burlesque, grave jusquà la tragédie,
irriguée par une constante invention formelle. Il
y a urgence à redécouvrir les films de ce
Polonais baroque. Ne serait-ce que pour constater quil
est à lévidence un des plus grands artistes
contemporains.
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