Cinéma et histoire : Oppressions : la représentation des noirs dans le cinéma de genre

Dirty Gertie from Harlem U.S.A.

Spencer Williams

1946
États-Unis
1h05
Fiction
N&B

L’arrivée d’une strip-teaseuse de Harlem, Gertie La Rue dite « Dirty Gertie », dans un hôtel des Caraïbes fait sensation. Le film, adapté d’une nouvelle de W. Somerset Maugham intitulée Rain, est représentatif des « race movies », ces « films ethniques » produits à l’écart des grands studios hollywoodiens pour un public essentiellement noir.

Séance présentée par Antoine Guégan

« On ne peut pas penser Gertie sans dresser le contexte des violences physiques et de l'exploitation sexuelle des femmes noires depuis les débuts de l'esclavage, car cela conditionne la vie de ces femmes au sein de leur famille et de leur communauté. On ne peut pas séparer ce personnage des discours tenus à l'époque par les activistes noirs, majoritairement issus de l'élite et des classes moyennes, sur les principes de "respectabilité" qu'ils sermonnaient pour policer certains comportements noirs jugés dérangeants et contravenants aux valeurs morales qui permettraient à leur "race" de devenir pleinement des citoyens des États-Unis. Dans le contexte afro-américain, les efforts des autres personnages pour montrer et contrôler le corps et la sexualité de Gertie prennent un sens plus subversif. »

(Jacqueline Najuma Stewart, Pioneers of African-American Cinema, BFI, 2016, traduit de l’anglais par Adèle Rolland Le Dem)

Interprétation
Francine Everett, Don Wilson, Inez Newell, July Jones, Spencer Williams
Scénario
True T. Thompson
Image
John L. Herman
Son
Dick Byers
Production
Bert Goldberg

ANTOINE GUÉGAN est doctorant en études cinématographiques à l’Université Paris-Est et chargé de cours. Il a réalisé une thèse sur la représentation de l’esclavage dans le cinéma américain, premier travail d’ampleur sur ce sujet. Ses travaux s’inscrivent dans une approche transdisciplinaire à travers laquelle Antoine Guégan tente de démontrer comment le cinéma de l’esclavage ne cesse d’influer sur la construction de la mémoire et l’imaginaire collectif américain.

Le film sera précédé par Hot Biskits de Spencer Williams (1931, 10min)

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