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du 26 novembre
au 4 décembre 2011

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Ateliers professionnels


La Journée des exploitants du Grand Est

Jeudi 1er décembre

Cette journée inaugure un rendez-vous que nous espérons pérenniser pour les exploitants du Grand Est et leurs voisins. Il doit être l’occasion pour eux de découvrir des oeuvres à programmer dans leurs salles. Les discussions à la fois avec leurs auteurs, des critiques, des exploitants pourraient permettre d’aboutir à un travail commun pour la diffusion des films proposés.
Animé par Elisabeth Ducos (Conseillère artistique du groupe Majestic cinémas)

5 courts métrages issus des fonds d’aide des régions du Grand Est

"À l’Est, des dames" est un programme initié par les régions Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté et Lorraine, toutes représentantes et garantes de la diversité de la production de films courts sur ce territoire. En collaboration avec l’Agence du court métrage, elles proposent aux salles de cinéma du Grand Est et à leurs publics un programme constitué, reflet de cette créativité.
Face de Christophe Deram, Vendetta Film, 20’ (Franche-Comté)
Soleil n’arrive qu’à son heure de Simon Gillet, Les Yeux Voyageurs, 25’ (Bourgogne)
Haram de Benoît Martin, Année Zéro, 11’ (Alsace)
C’est gratuit pour les filles de Marie Amachoukeli et Claire Burger, Dharamsala, 23’ (Lorraine)
Junior de Julia Ducournau, Kazak Productions, 21’ (Champagne-Ardenne)
Ces cinq films sont, chacun à leur manière, une représentation de la condition féminine à travers le temps et les âges de la vie : épouse de gueule cassée durant la Grande Guerre, objet du désir séquestré, future mariée confrontée à de sombres obligations religieuses, sortie d’adolescence cruelle et, enfin, métamorphose comico-fantastique d’une jeune fille en fleur. Un voyage cinématographique et initiatique, mâtiné d’une fureur de vivre très contemporaine.
Films présentés par Amélie Chatellier (L’Agence du court métrage) et Christophe Liaboeuf (La Caravane ensorcelée)

2 longs métrages en avant-première

Le Grand Tour de Jérôme Le Maire.
Film soutenu par l’ACID et présenté par Stéphane Arnoux, en présence de Vincent Solheid, scénariste et Philippe Kaufmann (La Parti production). Sortie non datée.
Dernière Séance de Laurent Achard.
Film présenté par Catherine Bizern en présence du réalisateur, de Pascal Cervo, acteur, et de Jane Roger (Épicentre Films). Sortie le 7 décembre.

 

Les Ateliers de réflexion

Vendredi 2 décembre

Les Ateliers de réflexion sont conçus comme un laboratoire qui met en valeur des synergies de pensée entre disciplines. EntreVues Belfort, en collaboration avec l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) propose aux professionnels du cinéma de se retrouver à l’occasion du festival et de mettre en commun
leurs expériences et leur réflexion, d’échanger sur leurs pratiques et d’explorer ensemble de nouvelles pistes de travail. Seront présents cette année des professionnels de la musique, de la littérature, du spectacle vivant et de l’agriculture, dont les pratiques peuvent se rejoindre, se compléter.

La formation dans le Grand Est. État des lieux et possibilités de mutualisation.
Cet atelier regroupe les professionnels et institutions du Grand Est autour des avancées et des projets mis en oeuvre en terme de formation audiovisuelle. Il poursuit la réflexion engagée en 2010 autour des formations à disposition des professionnels dans le Grand Est et les régions limitrophes, et la manière de les faire connaître. Par ailleurs, cette réunion sera l’occasion d’une première évaluation de la formation Rhin-Rhone en Cross media. Nous élargirons le débat de la formation chez nos voisins européens avec l’exemple de la Suisse, en présence de la fondation de formation FOCAL.
Atelier animé par Aurélie Réveillaud (Antenne MEDIA Strasbourg)

Face à la concentration, comment font les autres ?
Aborder la question de la concentration, c’est aborder non pas la question de l’accès du public aux oeuvres mais de l’accès des oeuvres au public. Dans un marché occupé par les « gros », grande distribution, majors, circuits, comment les oeuvres créées à côté peuvent-elles être proposées au public ? Cette question qui occupe le cinéma indépendant est la même dans les secteurs de la musique, du livre et même de l’agriculture. Si les difficultés sont les mêmes, les analyses mais aussi les actions menées dans ces différents secteurs peuvent se nourrir les uns les autres.
Atelier animé par Fabienne Hanclot (ACID)

Transversalité : un modèle pour les lieux, un modèle pour les publics ?
Il semble que dans certains lieux – alternatifs ou institutionnels – une nouvelle dynamique entre programmation et public soit à l’oeuvre autour de la notion de transversalité. Au-delà de cette transversalité qui valoriserait les oeuvres, les publics et les lieux, ces derniers proposent de faire de leur public un acteur du lieu même, tissant avec lui des liens nouveaux. De son côté, la salle de cinéma, dépendante d’une logique dictée par l’industrie du cinéma dont elle est un des chaînons, semble rester en dehors de cette
dynamique. Quelle place l’art cinématographique peut-il avoir dans ces lieux ? Qu’est-ce que la salle de cinéma peut apprendre de ces nouvelles manières de faire ?
Atelier animé par Geneviève Houssay (Responsable d’une salle de cinéma)



Restitution des ateliers: Face à la concentration, comment font les autres ? et Transversalité : un modèle pour les lieux, un modèle pour les publics ?

Face à la concentration : comment font les autres ?

Faut-il vraiment réfléchir en terme de décroissance : produire moins et produire mieux ? En sachant que dans le cinéma le producteur, quel que soit le coût du film, ne peut agir sur le prix de vente. Car si l’agriculteur produit moins cher, il peut vendre moins cher tandis qu’au cinéma un film qui a couté très cher est vendu au même prix qu’un film peu cher par l’exploitant de salles. Comment réajuster cet effet-là ?

Il est nécessaire d’affirmer que nous faisons un cinéma important et que ce cinéma fonctionne selon ses propres critères. Idéalement, il faudrait trouver pour chaque film un dispositif spécifique ; penser en terme d’efficience par projet plutôt qu’en terme de nombre de projets. Nous avons réfléchit à de nouveaux modèles possibles et repenser la règlementation du cinéma car le constat est qu’il est figé dans son système et ne correspond plus, dans son ensemble, à la réalité des différents modes de fabrication et de production d’un film. Il y a un paradoxe terrible en France qui contraint à « faire cher » et qui exclut tout produit non normé de sa chaine classique. En ce sens Le Grand tour (La Parti production) est un prototype et l’idée de faire exister (et rendre visible) le film au moyen d’une « tournée » dans les salles, s’avère viable économiquement.

Toute l’économie du cinéma est à revoir : l’argent du CNC devrait être redistribué d’une autre manière (vers d’autres lieux ou de façon différente) ; la vie du film qui suit sa sortie commerciale n’est pas comptabilisée ni prise en compte et c’est une aberration ; il faudrait faire bouger la chronologie des médias afin de créer la prescription audiovisuelle (internet) et de créer un réseau qui serait aidé comme tel.

Le mot magique du jour est la mutualisation : des moyens, des forces de parole.

Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il faut sans doute vouloir rester petit (sortir 4 films par an contre 15 ailleurs pour ED distribution), seul garant de l’indépendance ; qu’il faut désirer produire moins et produire mieux et que c’est, dans le contexte qui est le nôtre, la seule façon de durer.

La transversalité : un modèle pour les lieux ? un modèle pour les publics ?

Nous avons d’emblée admis que le mot « transversalité » nous plaçait en porte-à-faux car le mot revêt un caractère institutionnel qui ne correspond à aucune concrétude. Les acteurs de lieux pluridisciplinaires ont dit ne jamais employer ce terme. Et la transversalité (ou « croisements ») est d’autant plus efficiente et réelle qu’elle ne se nomme pas. Les publics ont spontanément une vision croisée et non séparée ou fragmentée. Les mots font peur ( le label « art contemporain » de l’espace Khiasma a fait fuir les publics et a vite été ignoré par son responsable, le mot « recherche » contenu dans le GNCR tient les spectateurs à distance). Ce qui fonctionne et qui existe c’est le lieu en tant que tel, présent dans la ville, façonnant l’espace et incluant l’individu en tant que citoyen : dans ce qui se fait, se crée, se pense, se joue ici et maintenant…

Ces lieux ont la particularité d’inscrire le citoyen dans ses initiatives et ses actions afin de recréer du collectif et du lien social. Le cinéma ne rassemble plus tellement autour de cette idée-là.

Ces lieux offrent plus de choix, plus de liberté aussi. Au cinéma, si les producteurs choisissent les films qu’ils font, les distributeurs ceux qu’ils montrent, les exploitants devraient également pouvoir avoir cette liberté afin que le spectateur soit lui même face à un choix; cependant cela se grippe en bout de chaine et c’est le public qui est le premier à en pâtir.

C’est effectivement le lieu qui définit l’oeuvre. C’est lui qui rassemble les publics autour des oeuvres.

Et si comme nous l’avons constaté dans l’atelier « concentration », le souhait du cinéma indépendant serait de considérer chaque projet de film avec un système qui lui est propre, il est nécessaire de lui adjoindre d’autres modes de transmission, de diffusion. Cette démarche nécessite des lieux pour le faire. Pas de mutualisation sans lieu pour la déployer.

Les lieux pluridisciplinaires mettent au coeur de leurs préoccupations un travail sur leur identité et sur la manière de penser leur programmation et leurs publics. Ces lieux opèrent une réflexion complémentaire avec d’autres lieux qui ne sont pas identifiés comme des lieux de cinéma mais ouverts à d’autres pratiques et d’autres dimensions artistiques et qui là aussi (de même l’atelier concentration) alimentent la réflexion pour les gens du cinéma.

Il reste donc à inventer pour la salle de cinéma d’autres dispositifs de diffusion mais aussi d’autres dispositifs de création de films.

Parler des lieux pluridisciplinaires, c’est avant tout parler des publics, à qui ces lieux sont destinés et qui par leur fréquentation, leur passage, font vivre ces lieux et les oeuvres qui y sont présentées, leur donnant ainsi sens. La pratique de consommation culturelle s’insère dans une pratique de vie. Le spectateur/visiteur n’est pas qu’un consommateur, il devient acteur à part entière et de fait, plus que la visibilité dont il est tant question, point le signe d’une nouvelle lisibilité. Des oeuvres, des lieux, des publics.