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Du terrorisme à la Résistance : la politique armée et l'arme de la politique

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EN PARTENARIAT AVEC LE LABORATOIRE « RÉCITS » DE L’UTBM


Nada (1973, France, Italie, 1h40)
Opération Ogro (1979, Espagne, France, Italie, 1h40)
Les Années de plomb (Die Bleierne Zeit) (1981, R.F.A., 1h46)
Des terroristes à la retraite (1985, France, 1h26)
Les Frères des Frères (1992, France, 1h38)
La Cagoule (1996, France, 54mn)

Et également une soirée exceptionnelle programmée et animée par Nicole Brenez :
“Le cinéma des terroristes"


Y a-t-il des guerres civiles justes et des terroristes exemplaires ?

La problématique du colloque : Du terrorisme à la Résistance : la politique armée et l'arme de la politique, s’inscrit idéalement dans le thème transversal de 22ème édition du festival ENTRE VUES consacrée à la « Lutte armée ».

Il s'agit précisément de s’interroger sur la réversibilité politique et axiologique de la notion de « terrorisme ».

  • L’épithète « terroriste », née en 1794, est tirée du mot « terreur » qui a qualifié un épisode tragique de la Révolution française. Etrange histoire : les droits de l’Homme ont été inventés en même temps que le terrorisme ! C’est à partir des années 1870 qu’il acquiert le sens que l’on connaît aujourd’hui et devient un disqualifiant majeur, du moins en Occident.

    De fait, dans l’univers démocratique, le processus politique obéit à la logique du compromis, de la représentation, du libre choix par le jeu électoral. Le respect de l’Etat de droit est la pierre angulaire de l’édifice démocratique. L’usage de la force est proscrit. La politique y est toujours un combat, mais ce combat se fait sans le recours aux armes. Sauf, bien sûr, lorsque la patrie est en danger et exposée à des ennemis extérieurs. Il s’agit alors de guerre étrangère. Mais toute guerre « classique » n’est-elle pas politique ? Machiavel comme Clausewitz nous ont appris que la guerre est la continuation de la politique sous une autre modalité.
  • Du reste, la guerre étrangère peut aussi se doubler d’une guerre civile et idéologique. Ces guerres mixtes ont fait le propre de la violence politique au XXe siècle.

    C’est le cas de l’Espagne sous Franco. Des Espagnols ont combattu contre d’autres Espagnols, et des étrangers (Français, Anglais, Allemands…) ont combattu sur le sol ibérique contre Franco. C’est aussi le cas de la France sous l’Occupation (1940-1944), où l’ennemi était aussi à l’intérieur et prenait le visage de Vichy. Des Français ont donc combattu d’autres Français. Des étrangers ont combattu pour la défense de la démocratie française.

    Les guerres de décolonisations offrent pléthore de situations similaires. Que l’on pense à la guerre d’Algérie, dont le retour mémoriel s’affirme en force, dans les livres d’histoire ou sur les écrans. Les guerres ethnico-identitaires nées à la faveur de la fin du communisme participent de la même complexité. Que l’on songe à la fin tragique de la Yougoslavie.
  • Ce qui nous interpellera particulièrement sera le phénomène de réversibilité du statut de terrorisme et de l’image du terroriste. Les résistants français, avant de s'appeler eux-mêmes « résistants », sont qualifiés de « terroristes » par l'occupant et par Vichy. Idem pour les hommes du FLN, du Fatah, de l'IRA, etc. Mais où se situe vraiment la frontière ? A quel moment s'opère le basculement ? Comment établir des critères (objectifs, méthodes...) ? Comment la notion évolue-t-elle dans la mémoire ?

    Ce sont ces deux types de questionnement que nous allons examiner dans ce colloque, à travers, comme chaque fois, une interpellation du cinéma.
  • Des intervenants, historiens ou témoins, prendront à leur compte cette problématique à partir d’une œuvre de fiction ou documentaire. Comment fonctionne l’œuvre ? Qu’a voulu montrer l’auteur et comment y parvient-il ? L’auteur a-t-il pu ne pas adhérer à la cause dont il parle ? Comment le film est reçu et perçu à sa sortie ? Quel a été son devenir mémoriel ?

Quatre thèmes retiendront notre attention :

  • la lutte contre le fascisme

  • la lutte contre le communisme

  • la lutte contre le colonialisme

  • la lutte contre le capitalisme.

Y a-t-il des violences politiques (extra-étatiques) légitimes ? Y a-t-il des guerres civiles justes et des terroristes exemplaires ?

Robert Belot
Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de technologie de Belfort-Montbéliard
Directeur du laboratoire RECITS (EA n°3897).