Le palmarès de la 35e édition !

 

 

 

 

Malgré l'annulation de la 35e édition, nous avons décidé de maintenir notre  palmarès, autant de prix déterminants pour la reconnaissance des jeunes cinéastes et qui pourront leur offrir un réel soutien financier.

PRIX DU JURY INTERNATIONAL

Le jury international composé de Philippe Azoury (journaliste et critique), Frank Beauvais (réalisateur, consultant musical et programmateur), Bruno Deloye (directeur des chaînes Ciné+ Classic & Club), Amélie Galli (critique et programmatrice au Centre Pompidou) et Sarah Leonor (réalisatrice et scénariste) a décerné les 4 prix de la Compétition internationale.

 

GRAND PRIX JANINE BAZIN

Décerné à un long métrage et doté par la Ville de Belfort/Awarded to a feature film and provided by the city of Belfort

TRAVERSER de Joël Akafou

(2020 / 77’ / France, Burkina Faso, Belgique)

Le mot du jury : 

Le jury a choisi de décerner à l’unanimité le Grand Prix Janine Bazin à Traverser de Joël Akafou pour la justesse de son propos, la maîtrise de sa construction narrative, la distance toujours exacte maintenue vis-à-vis de son sujet et sa profonde humanité. À l’heure où la liberté de mouvement et le droit à l’asile sont violemment mis à mal par nos gouvernants, la vitalité et l'opiniâtreté de son protagoniste, Bourgeois, résonnent profondément en chacun de nous avec une intensité dramatique qui transcende le cadre (supposé) du genre documentaire.

Le mot du lauréat : 

Je vous adresse mes salutations. Avant tout propos je tiens à marquer ma tristesse face aux âmes qui pleurent dans la Méditerranée… Ce Grand Prix leur est dédié. Je tiens à remercier le jury qui a su apprécier le film à sa juste valeur. Par ailleurs féliciter tout l'équipe de production : Vrai Vrai films avec Florent Coulon et Faissol Gnonlonfin, Les films du Djabadjah avec Berni Goldblat et enfin Dancing dog de Quentin Noirfalisse. L'équipe technique Corneil Hounsou, Olivier Danuzeau, Matteo et Jeanne pour le montage. Remercier tous ceux qui ont contribué financièrement et artistiquement.
Traverser est pour moi une expérience jamais vécue, j'ai traversé la Méditerranée en écoutant ces jeunes, j'ai pleuré comme un gamin, j'ai déprimé parce que je ne pouvais plus à moi seul dire à ces jeunes qu'ils sont des hommes comme tout autre… Ces jeunes qui pour certains rêvent de l'Eldorado mais qui est aujourd'hui déconstruit à leurs yeux, et d'autres qui sont juste des hommes libres, libres de circuler, libres de s'installer là où ils veulent tout en respectant l'autre, l'humain…
Le sens que nous donnons à la mondialisation est faussé, car la liberté de circulation est à géométrie variable…
Enfin, comme Bourgeois je suis un immigrant, je suis Joël Akafou ivoirien, comme Bourgeois mais qui a le droit de voyager parce qu'il a la bonne tête…
Je dis non car je suis comme Bourgeois un homme qui veut aller là où la nature m'amène, là où mon âme aura aisance de vie.
Je vous remercie.

PRIX D'AIDE À LA DISTRIBUTION CINÉ+

Décerné au distributeur français du film, ce prix offre un achat de droits pour une diffusion sur Ciné + Club

EYIMOFE d’/by Arie et Chuko Esiri

(2020 / 114’ / Nigeria)

Le mot du jury : 

Le jury a décidé de remettre à l’unanimité le prix de la distribution au film Eyimofe, de Arie et Chuko Esiri, pour un premier opus filmique particulièrement réussi par sa maîtrise scénaristique, son immersion dans une ville bouillonnante, une direction d’acteur(s) au cordeau et une mise en scène de cette réalité universelle de la quête de l’ailleurs sans angélisme. Ce prix permettra également de mettre sur la carte des cinémas du monde une nouvelle étoile africaine en permettant au Nigéria, au-delà de Nollywood, de faire ses premiers pas sur la scène occidentale.

Le mot des lauréats : 

Nous sommes absolument ravis d’entendre que Eyimofe a gagné le prix d’aide à la distribution Ciné +. En travaillant dans notre partie du globe on a souvent l’impression que nous sommes perpétuellement dans l’ombre. Nous accouchons de chaque projet, conscients qu’il n’échappera peut-être pas à l’obscurité, et le fait d’avoir cette chance de partager notre travail avec un public plus large est réellement salutaire. Nous tenons à remercier Entrevues de nous avoir invités et nous avoir donné accès à cette formidable plateforme et nous tenons également à remercier le jury pour cet honneur; nous peinons à y croire, et nous sommes à la fois remplis d'une immense joie et de gratitude; merci de nous avoir vu.

 

GRAND PRIX ANDRÉ S. LABARTHE

Décerné à un court ou moyen métrage

PLAYBACK. ENSAYO DE UNA DESPEDIDA d’Agustina Comedi

(2020 / 14’ / Argentine)

Le mot du jury : 

Le jury a décidé d’attribuer, à l’unanimité, le prix du court métrage au film Playback. Ensayo de una despedida d’Agustina Comedi, plaidoyer vif et vital en faveur de la puissance de l’amitié et de la résistance. À partir d’images d’archives saisissantes, datant des années 80, la cinéaste compose ici un récit foisonnant qui renseigne sur une période de l’histoire argentine peu documentée (l’apparition du SIDA dans la communauté gay alors que la dictature s’achève) tout autant qu’il ramène dans le présent la force de ses personnages. Mêlant intime et politique, la cinéaste, dans une apparente économie de forme, s’autorise brièvement le recours à la fiction – envisagée comme une possible réparation – et livre une ode salutaire à la liberté. Un film aussi énergique que nécessaire.

Le mot de la lauréate : 

Bonjour tout le monde, je m’appelle Agustina Comedi, je suis la réalisatrice de Playback. C’est un très grand honneur pour moi de recevoir ce prix. Nous sortons d’un confinement de huit mois, l’été arrive et maintenant le prix… Donc j’ai l’impression que quelque chose de bien est en train de se passer.
Je souhaite remercier de tout cœur le festival de nous permettre de montrer notre film. Nous sommes conscients de tous les efforts que vous avez fournis et toutes les difficultés que vous avez rencontrées pour mener à bien le festival en cette période de Covid. Donc merci beaucoup pour vos efforts. Nous espérons que l’année prochaine le festival pourra avoir lieu en chair et en os, et qu’on pourra tous y être pour fêter ça.
Je tenais aussi à remercier le jury d’avoir choisi notre film. C’est formidable, nous sommes très, très heureux.
Et je voulais remercier mon équipe parce que, en tout cas ici en Amérique latine, c’est difficile de rassembler les fonds nécessaires pour faire un court métrage, donc les courts métrages qui sont faits ici le sont grâce à la collaboration et la volonté de beaucoup de gens qui travaillent gratuitement ; ce sont mes amis et mon équipe donc… Merci beaucoup, ce film n’aurait absolument pas été possible sans vous.
Il est temps de se dire au revoir. J’espère que je vous verrai l’année prochaine, là-bas, peut-être, j’espère.
Prenez soin de vous. Au revoir !

PRIX ONE+ONE/ONE+ONE PRIZE

Décerné à un film dont l’univers musical et sonore est remarquable, libre et novateur

LES TRAVAUX ET LES JOURS (de TAYOKO SHIOJIRI DANS LE BASSIN DE SHIOTANI) de C.W. Winter et Anders Edström

(2020 / 480’ / États-Unis, Suède, Japon, Royaume-Uni)

Le mot du jury :

Le jury a voulu récompenser du prix One+One, qui met en avant un travail sur la musique comme sur le son, le film de Anders Edström et C.W. Winter : Les Travaux et les Jours (de Tayoko Shiojiri dans le bassin de Shiotani). Ce prix, décerné à l’unanimité, vient récompenser le film pour son écoute attentive de la vie comme elle coule, les qualités hypnotiques de certaines scènes (notamment de nature), ses silences et le travail d’épure et de précision, en cohérence avec ses choix musicaux (citons entre autres Tony Conrad, Eliane Radigue, Phill Niblock, Keiji Haino, ou Bill Evans). Tout cela maintenu sur une durée exceptionnelle de 8h, jusqu’à constituer un véritable paysage sonore.

Le mot des lauréats : 

Au nom de toute l’équipe, nous voulons remercier le jury pour ce prix. Si c’est un honneur de gagner n’importe lequel des prix du Festival de Belfort, nous sommes particulièrement ravis de ce prix qui récompense le travail musical et sonore, puisque le son est pour nous une préoccupation primordiale. Donc, merci.
Nous tenons également à remercier notre mixeur, Rob Walker, et l’équipe de Creativity Media à Londres pour leur formidable collaboration.
Enfin, nous tenons à remercier Elsa Charbit et tous ceux qui œuvrent à l’organisation du festival pour leur engagement à maintenir la compétition malgré l'annulation du festival. La reconnaissance de ce genre de prix est tellement précieux pour les films qui n’appartiennent pas à l’économie dominante. Et donc nous sommes reconnaissants envers l’équipe du festival Entrevues de Belfort, pour leur égards.

PRIX GÉRARD FROT-COUTAZ

Sous l’égide de la Fondation de France, ce prix récompense un(e) jeune cinéaste français(e) pour son premier long métrage de fiction sorti dans l’année.

Le jury composé de Laurent Achard (cinéaste), Emmanuelle Cuau (cinéaste) et Gaël Teicher (producteur, distributeur, éditeur) a décerné le Prix Gérard Frot-Coutaz doté de 5000 euros à :

ABOU LEILA de Amin Sidi-Boumédiène

(2020 / 135' / France)

Date de sortie du film : 15 Juillet 2020, UFO Distribution

Le mot du jury : 

Parce qu'il est plus urgent que jamais de croire au cinéma et que ce film y croit pleinement, parfaitement, magnifiquement, et nous y fait croire pleinement, parfaitement, magnifiquement, parce qu'il n'est de plus beau premier film que celui qui se fiche d'être le premier, seul compte d'être un film, pleinement, parfaitement, magnifiquement ; parce qu'il n'est de plus beau film que celui où se perdre, errer, retourner sur ses propres traces sans savoir qu'elles sont siennes, et ne jamais être pris par la main parce que le film nous fait confiance, pleinement, parfaitement, magnifiquement ; parce que Gérard Frot-Coutaz aurait aimé ce film pour sa témérité, l'ampleur de sa mise en scène, la beauté des hommes qui l'habitent, la croyance que l'art est ce qui rend la vie plus grande que l'art ; parce que toute réalité est une construction et que la mise en scène est la clé de cette construction ; parce que derrière le miroir blanc du désert se cachent des animaux dénaturés qui nous ressemblent et qu'à cet endroit le cinéma nous rassemble ; parce que le cinéma est un voyage vers le sud et parce que les cinéastes sont nos boussoles en ce voyage : parce qu'il respire sans masque et avance sans peur ; parce que le cinéma ne tient qu'à un regard ; parce qu'Abou Leila est un grand film de cinéma comme le définissait Renoir, "une fenêtre ouverte sur le monde", et ce quel que soit l'état de ce monde, nous sommes heureux de lui remettre le prix Gérard Frot-Coutaz 2020.

Le mot du lauréat : 

Je suis toujours surpris de recevoir un prix, d’autant plus pour un film qui n’est pas vraiment taillé pour faire l’unanimité. Je suis donc ravi à chaque fois que le film est compris (ou « ressenti »), et voudrais remercier le jury à la fois pour cette reconnaissance, mais surtout pour ses mots et ses encouragements. Un grand merci également à la Fondation de France et à toute l’équipe du festival de Belfort, qui fournit un travail considérable dans l’élaboration d’un évènement mettant la rencontre des films avec le public au-dessus de toute autre considération et permettant au cinéma d’auteur d’avoir la visibilité qu’il mérite. Je reçois ce prix en mon nom mais surtout au nom de toute l’équipe ayant permis à ce film difficile de voir le jour (technicien(ne)s, production et comédien(ne)s). Merci à tous. 
 

PRIX DU PUBLIC

Dès que la situation le permettra, nous reprogrammerons les films de la sélection au Cinéma Pathé pour que le public de Belfort puisse les découvrir en salle et décerner ses deux prix pour le court et le long métrage.

 

PARCOURS NOUVEAUX TALENTS

Développé par le festival international du film Entrevues Belfort, en partenariat avec l’APARR et Talents en court du CNC, cette initiative est destinée aux futurs cinéastes originaires de Bourgogne-Franche-Comté.

L’objectif de ce parcours est de permettre à des nouveaux talents de Bourgogne-Franche-Comté de collecter des informations et des contacts privilégiés pour préparer leur projet et leur entrée dans le milieu professionnel du cinéma et de l'audiovisuel. Outre le fait de découvrir les métiers des acteurs de la diffusion cinématographique, les réalisateur·ice·s en devenir pourront évoluer dans un espace facilitant le partage des expériences.

3 lauréats ont été sélectionnés pour une résidence d'écriture pendant un an, avec un scénariste professionnel : 

Medhi Brahamd pour son projet VIDE

Camille Broilliard pour son projet NAVARRE

Yvain Reydy pour son projet LA RUCHE SANS ABEILLES

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