La Transversale : Le Voyage dans le temps

Je t'aime, je t'aime

Alain Resnais

1968
France
1h31
Fiction
Coul.
VF

À la suite de l'échec de son suicide, Claude Ridder se voit proposer de participer à une expérience de voyage dans le temps qui n'a été testée jusqu'à présent que sur des souris. Mais l'expérience tourne mal, et Claude entame un voyage aléatoire dans son passé.

Je t'aime, je t'aime est le film de Resnais où la figure du temps est la plus simple, parce que la mémoire y concerne un seul personnage. La machine mémoire ne consiste pas à se souvenir, mais à revivre un instant du passé. Seulement, ce qui est possible pour l'animal, pour la souris, ne l'est pas pour l'homme. L'instant passé pour l'homme est comme un point brillant qui appartient à une nappe, et ne peut en être détaché. Instant ambigu, il participe même de deux nappes, l'amour pour Catrine et le déclin de cet amour. Si bien que le héros ne pourra revivre qu'en parcourant à nouveau ces nappes, et en en parcourant dès lors beaucoup d'autres. Toutes sortes de régions sont ainsi brassées dans la mémoire d'un homme qui saute de l'une à l'autre, et semblent émerger tour à tour du marécage originel, universel clapotement incarné par la nature éternelle de Catrine.

(Gilles Deleuze, cours n°65, 5 juin 1984)
Interprétation
Claude Rich, Olga Georges-Picot, Anouk Ferjac, Alain MacMoy
Scénario
Jacques Sternberg
Image
Jean Boffety
Son
Antoine Bonfanti
Musique
Krzysztof Penderecki
Décors
Eric Simon
Montage
Albert Jurgenson, Colette Leloup
Production
Parc Films, Fox-Europa

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