Spéciale 30e : Cadavre exquis

Le Diable probablement

Robert Bresson

1977
France
1h50
Fiction
Coul.
VF

Film choisi par Jean-Paul Civeyrac

Quatre adolescents forment un petit groupe écologiste révolté par la société industrielle et de consommation. Michel cherche à lutter avec ses modestes moyens, tandis que Charles refuse l'engagement, dégoûté par le monde qui l'entoure.

Une main, du sang, un ticket de métro. Ce pourrait être la dernière image du Diable probablement de Robert Bresson : deux jeunes garçons ont pris le métro, ont marché dans les rues, ont entendu quelques notes de Mozart en passant devant une fenêtre ouverte en rez-de-chaussée, sont allés dans un cimetière, et puis l’un des deux a tué l’autre à sa demande.

En 1978, Alain Badiou écrivait que Le diable probablement était — je n’invente rien — « la voie d’extrême droite (…) la voie du suicide prophétique. » C’était bien sûr ignorer la dialectique, ne voir que le désespoir du héros, et oublier l’énergie, la vitalité, la révolte qui traversent le film : oui, montrer un suicide, ce peut être en même temps exprimer le souhait, ainsi que Bresson l’a déclaré, que « les jeunes se dressent de toute leur jeunesse contre l’immense entreprise de démolition qui ravage le monde et dont ils auront à payer la note ».

(Jean-Paul Civeyrac)
Interprétation
Antoine Monnier, Tina Irissari, Henri de Maublanc, Laetitia Carcano, Régis Hanrion
Scénario
Robert Bresson
Image
Pasqualino De Santis
Son
Georges Prat, Jacques Maumont
Musique
Philippe Sarde, Claudio Monteverdi
Décors
Eric Simon
Montage
Germaine Lamy
Production
Sunchild Productions, GMF Productions

Jean-Paul Civeyrac est un réalisateur français. Son film de fin d'études de la Fémis, La Vie selon Luc, a été sélectionné en compétition internationale à Entrevues en 1991. Il a obtenu le Grand Prix du long métrage à deux reprises : en 1999 pour Les Solitaires —  également récompensé du Prix Gérard Frot-Coutaz —  et en 2001 pour Fantômes.

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