Publié le 17/10/2026
Prix Gérard Frot Coutaz 2026

L'Engloutie, de Louise Hémon, reçoit le Prix Gérard Frot-Coutaz, abrité par la Fondation de France
Ce prix récompense le premier long métrage de fiction d’un ou une cinéaste de nationalité française, sorti en salles dans l’année. L'Engloutie est produit par Take Shelter et distribué par Condor distributions.
Le jury 2026 était composé de :
▪ Louise Courvoisier, cinéaste
▪ Florette Grimault, chargée des partenariats à l'Agence du court métrage
▪ Valentine Guégan, cinéaste et critique
Le mot du jury :
Nous avons décidé d’attribuer le prix Gérard Frot-Coutaz à L’Engloutie de Louise Hémon, qui nous a saisies par sa beauté mystérieuse, son épure et sa simplicité, et dénote en même temps un regard de cinéaste d’une rare exigence.
À rebours de tout didactisme scénaristique, Louise Hémon signe une œuvre insaisissable et nuancée, qui parvient à restituer une époque dans son ambiguïté, sans chercher à la figer dans un discours. Par son sens du détail et la justesse de son approche, la réalisatrice se place à un moment de bascule de l’histoire – le tournant d’un siècle à l’autre –, et donne à voir ce que cette mutation du monde social a d’incertain, de trouble et d’inquiétant. L’Engloutie nous plonge pleinement dans le passé tout en le questionnant d’un œil contemporain, laissant le spectateur libre d’interpréter, mais aussi, moins rationnellement, de se perdre, et de rêver à ces temps reculés.
Par son geste esthétique méticuleux, allant de la composition des lumières et des décors à la précision du travail sonore et la place accordée à la musique, la cinéaste parvient à faire naître une œuvre d’une grande puissance sensorielle. Il s’agit moins de comprendre cet univers où la parole est rare que de le visiter physiquement, d’être en prise avec un certain état brut des choses et des êtres.
Il y a, au cœur de L’Engloutie, une manière particulièrement subtile de capter la cinégénie des corps, leur présence, leurs désirs et leur rapport à un environnement qui semble exercer sur eux une force surnaturelle. Louise Hémon fait justement advenir celle-ci de sa confiance dans le milieu qu’elle filme, composant avec les phénomènes naturels comme le brouillard, la neige et la nuit, pour enrober de mystère les liens et les interactions entre les personnages.
L’Engloutie révèle une réalisatrice dont le talent et la maîtrise formelle nous semblent aussi remarquables que la curiosité, l’audace et le goût du risque dont ce premier film témoigne.
C’est donc avec une grande joie que nous lui remettons ce prix, heureuses de pouvoir accompagner la suite du parcours de Louise Hémon, dont il nous tarde de découvrir plus amplement l’univers.
Visuels ©Condor Films




















