41e édition COURTS MÉTRAGES 2026
FRUITS OF DESPAIR
Nima NASSAJ

Alors qu’il enquête sur le conflit Israelo-palestinien, un réalisateur iranien se retrouve soudain déplacé par la guerre qui frappe son propre pays, transformant un essai analytique en un journal intime de douze jours où archives, souvenirs, et expérience vécue s’entrechoquent.
Le mot du comité de programmation :
Dès l'ouverture de Fruits of Despair, Nima Nassaj pose un étrange constat, qui malheureusement préfigure ce que le public peut ressentir : comment peut-on se départir de cet encombrant sentiment de déjà-vu face aux images de la catastrophe qui se joue en Palestine depuis des décennies ?
Puis commence alors une démonstration d'une éclatante limpidité, qui se double d'une grande leçon sur la résilience du cinéma face au réel.
D'un côté un cinéaste use de toutes les armes du cinéma pour faire sortir du sens des images qui semblent se répéter à l'infini des souffrances du peuple palestinien, puisant dans les archives, les flux des réseaux sociaux ou évoquant même l'oeuvre d'autres cinéastes (Sepideh Farsi), mettant à jour le systématisme de la violence génocidaire de l'état d'Israël.
De l'autre un jeune homme se retrouve à devoir fuir sa maison suite aux bombardements de Téhéran par l'armée israélienne et n'a plus que la frêle membrane du cinéma pour l'aider à encaisser le réel, faisant de son quotidien un journal intime vidéo.
La grande beauté de Fruits of Despair vient du fait qu'il est de ces films qui tel un organisme vivant réorganise sa matière et se transforme au gré des événements qui le traversent : le jeune homme et le cinéaste ne font qu'un, de la même manière que la journal intime et l'essai finissent par se lier comme pour éclairer une réalité impossible à affronter seul.
Victor Bournerias
- Photographie
- Nima Nassaj
- Son
- Nima Nassaj, Mahoor Mirshakkak
- Montage
- Nima Nassaj
- Production
- Faezeh Davoodi, Asghar Torabi, Nima Nassaj
Contact :
Raina Films : andy@rainafilms.com

Nima Nassaj est un réalisateur basé à Téhéran. D’abord directeur de la photographie, il passe à la réalisation en 2019 et développe une pratique pluridisciplinaire qui mêle fiction, documentaire et art vidéo. En explorant les questions d’identité, de mémoire et d’isolement humain, il sonde les croisements entre histoires personnelles et collectives. En 2025, il fonde la Blue Bird Film Archive.